

Dans l’œuvre QUOI QU’IL ADVIENNE, paru chez Les Éditions Germinale, l’auteur togolais, Romeo Yéti, jeune qu’il soit en matière de publication et d’écriture romanesque, est vite devenu un personnage incontournable de la littérature polarisée togolaise avec son style et son choix succinct des personnages.
Deux héros, royalement connus, Vignon et Sika qui, tout au long de l’histoire, luttaient acharnement pour sauver leur amour, leur identité et surtout, renverser le pot de l’injustice qui gît dans leurs cités par les forts depuis la nuit des temps.
Ce qui nous intéresse plus particulièrement, c’est la figure majeure de la dictature dans ce roman, pourquoi le choix du nom de Patapa Azaga ? Dans la tradition africaine, plus précisément, chez les Ewéaho du Togo, les noms jouent de nobles rôles dans nos vies. Et chaque nom a sa signification, donc ses faits sur la personne qui le porte. Déjà ici, Patapa, c’est un mot pour dire de l’escroquerie, escroquer quelqu’un, par la force ou par des fantaisies qui violent ses propres voix… prendre quelque chose avec force, violence…
Et très souvent, Azaga, un nom collé aux gens qui aiment trop les violences, les dégâts et les menaces. C’est un point de vue partielle sur ce nom de ma part. Et quand nous allons encore très loin, nous pouvons dire que c’est un nom que ceux qui, de la vie déraisonnable portent fièrement. Ici, ce personnage le porte avec fierté, car, du haut vers le bas, il est le plus riche de Tadi, et avait de sécurité et pouvoir. Donc ce choix n’était pas le fruit du hasard.
Dans les effeuillages de l’ouvrage, il n’est présent que dans les actes frauduleux. Premièrement, il a fait venir Vignon dans leur hall, lui proposant de fonds d’argent pour qu’il laisse Sika, sa copine, pour son fils, Azéa parce que ce dernier a des vues sur Sika mais elle refuse ses avances ( Page 22-23). Vignon, par sa capacité d’humilité et de faible rang, a fini par céder, mais pas pour faire exactement ce que lui recommande Azaga patapa, mais de voir jusqu’où leur amour pouvait leur amener. Malheureusement comme par la grâce, une liste était tombée par mégarde par Azaga ce jour, ce que Vignon a ramassé. Cette fameuse liste contenait le nom des personnes à victimes de ce bourreau de la cité.
Vignon et Sika lutteront pour sauver les autres, avec l’aide de Gnaménéko, jeune et talentueux, défenseur des droits de l’homme et qui cherche la justice dans nos sociétés. Bien que, le pouvoir d’Azaga leur fera coûter cher, Gnaménéko va connaître la prison injustement, parce qu’il cherchait à clarifier les affaires en vue de démasquer le malfaiteur dans l’ombre. Même, l’amour de Vignon et Sika a heurté des tas de choses ignoblement effrayantes, l’abandon des cours, aller faire des courses d’ici et là juste pour découvrir la vérité.
Et malgré leur dévouement, le premier victime, Kodjo, n’était pas convaincu, il était entre deux montagnes, vérité et hallucinations d’adolescents, en ne considérant pas ces jeunes dont, il savait très bien la position de Gnaménéko, prêt à affronter les périls pour que la vérité soit dévoilée.
Dans nos mémoires, dans nos sociétés contemporaines, celui qui a plus d’argent, c’est lui qui a plus de pouvoirs. Il passe par tous les moyens du monde à assujettir les autres, à éliminer les personnes jugées mauvaises ou obstacles sur son chemin. Il enlève carrément son sens de l’humanité à ses propres pulsions qui lui permettent d’exister à perpétuité. Doit-on parler de nos dirigeants corrompus ? Ceux qui, depuis des années, passent leur temps de vie à mettre les autres à genoux qui oublient carrément que chaque chose a une fin ?
Quel qu’en soit le temps, le teint du ciel, ce qui adviendra, viendra. Dans nos sociétés aujourd’hui, combien de personnes ont toujours cette carrure dictatoriale comme celle d’Azaga ? De moult encore, à cause de leur rang social, leur position et leur capacité à éteindre l’étoile des autres au nom de l’argent, le pouvoir et le réseau.
Peut-on affirmer avec certitude que l’argent permet à tout ? C’est peut-être l’une des raisons ignorées par ceux qui pensent qu’il permet tout. La fin d’Azaga n’était que tragique. Ce que beaucoup ignoraient encore. Chaque chose a son temps…
Bien qu’il soit habile dans ses bévues, il a été démasqué par la détermination de ces jeunes qui ont refusé de plier l’échine parce qu’Azaga soit fort et le plus puissant possible.
Le livre est toujours disponible chez l’éditeur et dans les librairies au Togo. Je vous le recommande vivement !
Le Verbosophe